C’est face à une Assemblée très clairsemée que Martine Vassal a fait adopter le budget du Département des Bouches-du-Rhône, ce mardi 14 avril.
En effet plusieurs maires brillaient par leur absence, se contenant de délégations de pouvoir. Quelques « figures » de la droite du CD13 se sont faites portées pâles telles que Laure-Agnès Caradec (qui fut directrice de campagne de Martine Vassal pour les élections municipales) mais aussi Sabine Bernasconi, Thierry Santelli, Sylvain di Giovanni ou encore le professeur Frédéric Collart.
Petit retour sur l’année 2025, qui marquait le 10èmme anniversaire de la Présidence Vassal du Département.
L’exécutif s’est réjoui d’une augmentation des recettes La hausse la plus significative provient des produits issus des droits de mutation + 25%, suite à l’embellie du marché immobilier. Ces droits de mutations communément appelés « frais de notaire » varient selon l’état du marché immobilier. L’institution n’a donc aucune prise sur ses recettes indépendantes de ses politiques publiques.
Concernant les charges, le Département a rogné sur le budget de solidarité qui est le cœur même de ses compétences. Ce dernier a connu une croissance de +0,8% contre 1,6% l’année précédente, plus faible que l’inflation.
Le budget 2026 : la volonté de corriger le tir après le rapport très critique de la Chambre Régionale des Comptes et des hypothèses très (trop) optimistes
Le rapport de la Chambre Régionales des Comptes dans son rapport du 15 décembre 2025, a révélé des dysfonctionnements particulièrement graves :
« La dynamique de la dette, qui a doublé depuis 2018, est principalement imputable au niveau très significatif atteint par les subventions d’équipement versées aux communes, qui représentent près de 900 millions d’euros (M€) de dépenses entre 2018 et 2023.
L’évolution constatée au cours de la période est imputable au niveau élevé de ses investissements fortement orientés sur les subventions d’équipement versées aux tiers, dont le montant supérieur à la moyenne explique 55 % de la dette qu’il supporte, soit plus d’un milliard d’euros ».
Le rapport souligne que les subventions d’équipements ne sont pas la priorité de l’institution départementale et que ce n’est qu’au prix d’une lecture très extensive de ses compétences qu’elle a pu abondamment subventionner certaines communes, sans tenir compte de leur richesse, sans souci de péréquation. En réalité, il s’agissait-là davantage de distribution que de redistribution.
https://www.ccomptes.fr/fr/publications/departement-des-bouches-du-rhone-2
La chute brutale de l’aide aux communes, pour quelles raisons ?
Cette politique répétitive, sur une longue durée, ne peut être le fruit du hasard. Chacun sait que Martine Vassal cherchait à anticiper sa défaite aux élections municipales en se positionnant pour les élections sénatoriales de septembre 2026. Or, les maires, les adjoints au maire, les conseillers municipaux…sont précisément les « grands électeurs » de l’élection sénatoriale.
Si la défaite s’est bien produite, son ampleur cataclysmique a surpris et ôté tout espoir à la Présidente du CD13 de conduire une liste, quelle qu’en soit la couleur politique, Renaissance ou LR. L’entrée en lice surprise de Renaud Muselier et la ténacité de Valérie Boyer (sénatrice sortante) ne font que contrarier, davantage encore, l’espoir vassalien.
Par conséquent, il n’est plus nécessaire politiquement d’abreuver les communes de subventions. Par ailleurs, la baisse brutale de ce budget d’importance est un signal adressé à la Chambre Régionale des Comptes et surtout à la Cour des Comptes afin de prévenir une possible issue judiciaire [1]. Une coupe de 36 millions d’€ dans l’aide aux communes est donc opérée.
Une Capacité de désendettement qui s’améliore mais qui demeure très faible
La capacité de désendettement du Département était de 19 ans en 2024, elle est ramenée à 12 ans en 2025. Pour rappel, cette capacité de désendettement était de 9,2 années en 2023. C’est l’une des plus faibles capacités de désendettement si ce n’est la plus faible de tous les départements français.
L’agence de notation FITCH a rétrogradé cet été le Département de AA à A+. Le Département de Seine-Saint-Denis qui connait des difficultés sociales supérieures à celles des Bouches-du-Rhône, a maintenu, lui, son A+. Le CD93 était à 12 ans en capacité de désendettement en 2024 quand le CD13 était, lui, à 19 ans.
Hausse des dépenses de fonctionnement et hypothèses très (trop) optimistes pour 2026
Les Dépenses de fonctionnement augmenteraient de 3,6% en 2026, soit bien plus que l’inflation qui devrait atteindre 1,9%.
Par ailleurs, les hypothèses sur un hausse de la fiscalité indirecte de 6,4% paraît très optimiste. Notamment celle de + 9,8% sur les des droits de mutation à titre onéreux.Enfin, le Département compte sur des recettes recettes supplémentaires, à hauteur de 22 millions d’Euros, qui serait dues à une possible éligibilité de l’institution au « fonds de sauvegarde des Départements en difficulté ». Quel triste aveu si cela se réalisait ![2]
Il y a fort à parier que de nombreux ajustements budgétaires interviendront en cours d’année….
[1] Marc Jolibois, directeur de cabinet au Département (et compagnon à la ville de Martine Vassal) a été auditionné le 10 juillet 2025 par un magistrat financier de la Cour des Comptes – Révélation de Marc Endeweld dans le Nouvel Observateur en date du 29 janvier 2026
[2] Le gouvernement porte de 300 à 600 millions d’euros le fonds de sauvegarde des départements, en difficulté financière, dans le budget 2026.