DENIS ROSSI, UN ELU INDEMNE A CHAQUE ELECTION, DEPUIS 30 ANS

par Erwan Davoux
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Il débuta sa carrière fort modestement au Département en tant qu’huissier, chargé d’acheminer les courriers et d’accompagner les visiteurs. Mais son indéniable sens politique de même que son absence totale de scrupule ou de conviction lui permirent de gravir les échelons.

Denis Rossi fut un pilier du système Guerini. Il est aujourd’hui un potelet du système Vassal à la déroute. Mais toujours récompensé pour sa loyauté dans la traitrise.

L’intéressé est Conseiller Départemental depuis 1998, un record ! Il fut Vice-Président du Conseil Général sous Guérini de 2004 à 2011. Il est aujourd’hui un 8ème vice-Président du Conseil Départemental dont les attributions ne cessent de croître.

Politique alimentaire

Un souci néanmoins, lorsque l’on est un professionnel de la politique : les élections peuvent être fâcheuses. Et elles le furent pour Denis Rossi en mars dernier. Il fut Battu en secteur dans le 13/14 ainsi que sur la liste centrale de Martine Vassal qui récolta 5,3% des suffrages au 2ème tour. La 14ème place qui était la sienne était a priori synonyme de réélection assuré. Mais les électeurs en décidèrent autrement.

Par conséquent l’élu multirécidiviste se vit privé d’indemnités conséquentes. Tout d’abord celle d’élu municipal; mais aussi et surtout celle de conseiller métropolitain et d’élu délégué à la politique de la ville et au Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU), à la Métropole sous la présidence Vassal.

Martine Vassal n’est pas chiche ave ses anciens ennemis repentis dont elle sait l’allégeance politique inébranlable puisqu’elle est alimentaire.

C’est ainsi que Denis Rossi s’est vu attribué, par un arrêté pris le 10 avril, la délégation à la politique de la Ville et au NPNRU. Et ce n’est pas tout !

Le mardi 14 avril, l’intéressé a aussi été désigné pour siéger au conseil d’administration du bailleur social 13 Habitat. Il y remplace Sabine Bernasconi, vice-présidente du département également. Faut-il y voir la cause de l’absence fort remarquée de la sortie au débat budgétaire du même jour ?

Un technicien principal aux abonnés absents

Dans la » vraie vie », Denis Rossi est ou fut fonctionnaire territorial – technicien principal 1ère classe – chef d’équipe lycée Paul Langevin à Martigues. Petit souci : il se trouve en arrêt maladie depuis le 3 octobre 2022 et il même remplacé. Tout en exerçant ses fonctions d’élu dans trois collectivités à la fois et désormais « seulement » deux. Rien d’illégal a priori[i], d’autant que l’intéressé ne perçoit plus de traitement pour cet emploi, depuis fin 2021, selon sa déclaration à la Haute Autorité Pour la Transparence de la vie Publique (HATVP).

Généreuses subventions du Département à la PACQUAM

Dans le même temps, ce n’est pas illégal non plus, l’épouse de Denis Rossi qui est Directrice de l’association PACQUAM (Promotion d’Associations Collège-Quartier à Marseille) en charge de l’aide à la scolarité, se voit accorder de larges subventions du Département. Celui-là même où son époux (qui prend la précaution de se déporter lors du vote) est Vice-Président. Ce sont ainsi 100 000€  qui ont été attribués à cette association en 2024, et 85 000€ en 2025. En se contentant de remonter à 2021, ce sont 515 000€ de subventions dont a bénéficié la PACQUAM. Une coïncidence sans doute mais la rubrique « partenaires financeurs » de cette association est vierge sur son site internet !

Il est permis de s’interroger sur cette générosité départementale et donc du contribuable.

Survivra-t-il à Vassal ? Pas impossible….


[i] Un salarié, par ailleurs élu local, placé en congé de maladie peut régulièrement exercer son mandat électif et percevoir ses indemnités de fonction au titre de son mandat d’élu si et seulement si cet exercice a été préalablement autorisé par le médecin sur l’arrêt de travail. Le bénéfice des indemnités journalières perçues au titre de son activité professionnelle est subordonné au respect des dispositions de l’article L. 323-6 du code de la sécurité sociale : observation des prescriptions du praticien, contrôles organisés par le service du contrôle médical, respect des heures de sorties autorisées par le praticien et abstention de toute activité non autorisée. Si l’exercice du mandat n’a pas été autorisé, il peut se voir réclamer le remboursement des indemnités journalières par la CPAM, voire une sanction financière, la Cour de cassation assimilant les indemnités de fonction à une activité donnant lieu à rémunération (Cass. Civ., 15 juin 2017, n° 16-17567).

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