Sénégal : une élection porteuse de tous les dangers

par Erwan Davoux
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Erwan DAVOUX, ancien chargé de mission à la Présidence de la République, a conseillé de nombreuses personnalités politiques de droite à l’international.

Au Sénégal, après plusieurs décisions singulières du Conseil Constitutionnel (rarement l’expression de “gouvernement des juges” n’aura été autant justifiée), l’élection présidentielle se tiendra finalement dans deux semaines. La campagne officielle qui a déjà débuté sera donc courte et se déroulera pendant le mois de Ramadan. Karim Wade (PDS) ne pourra concourir.

L’ancien Premier ministre, Amadou Ba semble mal parti. Lâché par tous les cadres de l’APR (le parti présidentiel), les quelques jours de campagne ne devraient pas lui permettre de rattraper son retard sur le candidat du Pastef, Bassirou Diomaye Faye, qui représentera à cette élection Ousmane Sonko toujours emprisonné et dont la candidature n’a pas été retenue.

C’est donc une élection avec des ténors empêchés de concourir et dans des conditions non optimales qui s’apprête à se tenir, ce que voulait absolument éviter le président sortant Macky Sall. Dans une Tribune publiée par le journal “Marianne” “La diplomatie française serait bien inspirée de consacrer davantage de temps au Sénégal” (marianne.net), j’invitais la diplomatie française à s’intéresser davantage à l’élection présidentielle au Sénégal en raison des liens historiques entre les deux pays et de valeurs partagées. Stéphane Séjourné dont la seule préoccupation semble être l’Ukraine a complètement sorti de son champ de vision ce pays majeur. Rappelons également l’importance de la diaspora sénégalaise en France et l’importance de la communauté française au Sénégal.

Aujourd’hui celui qui est le candidat favori, Bassirou Diomaye Faye, a fait deux propositions fortes : la suppression du poste de Premier ministre et la création du poste de Vice-Président, élu en même temps que le Président lui-même. A l’américaine donc… Et la création d’une nouvelle monnaie, c’est à dire la sortie du Franc CFA. Il souffle, au Sénégal, un vent hostile à la France que la diplomatie française n’a rien fait pour contrecarrer. L’état d’esprit de la population est similaire à celui qui prévaut dans les trois pays dont la France a été chassée : Mali, Burkina et Niger. Si cette sombre perspective devait se préciser, la France n’aura pas été prise par surprise et la DGSE ne sera pas un “bouc-émissaire” commode. Elle ne le devra qu’à son absence totale de stratégie.

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