Israël après le 27 octobre : un Parlement bloqué, une droite affaiblie et des partis arabes arbitres

Un scrutin attendu comme un référendum sur Netanyahou, qui s’achève sur une impasse arithmétique

par Ghizlaine Badri
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Israël votait le 27 octobre 2026 pour renouveler les 120 membres de la 26e Knesset et désigner la coalition succédant au 37e gouvernement de Benjamin Netanyahou. La dissolution du Parlement avait été formellement actée le 17 juillet. En effet, des fractures au sein de la majorité duraient depuis mai. Il s’agissait du premier scrutin depuis le 7 octobre. Cependant, les résultats partiels traduisent une impasse : ni Netanyahou ni Gadi Eisenkot ne sont en bonne voie d’atteindre la majorité. Les résultats officiels du vote ordinaire créditent le bloc du Premier ministre de 53 sièges, loin des 68 de la coalition sortante. Par ailleurs, 430 000 à 480 000 bulletins spéciaux ne sont pas encore pris en compte.

Une campagne dominée par la personne de Netanyahou

Le Likoud conserve la première place. Toutefois, ce score ne suffit pas à gouverner. Les résultats mettent en relief une opposition solide et un camp gouvernemental durablement entamé. Netanyahou ni Gadi Eisenkot se sont exprimés dans la nuit sans revendiquer la victoire. Ensuite, Netanyahou a mis en avant la première place du Likoud et la majorité du bloc de droite parmi l’électorat juif et sioniste. Pour sa part, Eisenkot a affirmé qu’Israël avait voté contre Netanyahou.

Les partis arabes à un sommet historique : la clé d’un éventuel gouvernement qu’aucun camp n’assume vraiment

Le fait politique majeur de la soirée est la montée des partis arabes qui totalisent 19 sièges, contre 48 pour le bloc d’Eisenkot et 53 pour celui de Netanyahou. Ainsi, l’opposition ne dépasse donc la barre des 61 sièges sans le soutien des partis arabes. Netanyahou en a fait un argument de campagne. Il a averti qu’Israël ne devait pas être mis en danger par un gouvernement dépendant de partis qu’il qualifie d’antisionistes. Le chef de la Liste unie, lui, plaide pour un partenariat judéo-arabe afin d’évincer Netanyahou. Finalement, aucune coalition alternative n’est donc possible sans trancher un tabou qui pèse depuis des décennies sur la vie politique israélienne. Une participation extérieure des partis arabes, sans portefeuilles, est une piste possible. Cependant, aucun responsable de l’opposition ne s’est prononcé à ce stade.

Des semaines d’incertitude : Netanyahou intérimaire, négociations de couloir et spectre d’un nouveau scrutin

La suite se jouera dans les coulisses, sous l’autorité du président Isaac Herzog, qui détient les clés de la désignation du futur chargé de former le gouvernement. Un résultat non concluant laisserait Netanyahou au pouvoir à titre intérimaire pendant que les partis cherchent une coalition. Plusieurs scénarios se dessinent. Netanyahou peut tenter de débaucher des élus de l’opposition pour atteindre 61 sièges. Eisenkot peut bâtir une coalition fragile avec le soutien, même indirect, des partis arabes. Les deux camps peuvent aussi négocier un gouvernement d’union. Pourtant, leurs positions publiques rendent cette option peu probable. Si aucune option ne tient, un nouveau scrutin devient plausible. C’était déjà le cas en 2019, quand Israël avait enchaîné plusieurs élections sans majorité claire.

Une région suspendue à Jérusalem : l’Iran, Gaza et les alliés d’Israël face à un exécutif sans mandat clair

Cette impasse a des conséquences qui dépassent la politique intérieure. Téhéran redoute de nouvelles offensives américaines et israéliennes après les élections dans les deux pays, et tente de rallier ses voisins à un appel à la désescalade. Un gouvernement intérimaire ou une coalition étroite a moins de marge pour des décisions majeures de guerre et de paix. Cela peut aussi bien freiner une escalade que compliquer une négociation. Pour Washington, les capitales européennes et les États arabes qui dialoguent avec Israël, la question n’est plus seulement de savoir qui gouvernera. Il s’agit aussi de savoir pendant combien de temps et avec quelle légitimité. Le scrutin d’octobre 2026 ne désigne pas de vainqueur, mais il clôt un chapitre. Le système politique israélien, miné par des années de polarisation, est de nouveau mis à l’épreuve. Cette fois, les partis arabes sont au centre du jeu parlementaire.

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