Gaza : des civils continuent de mourir, une catastrophe qui ne s’arrête pas
À Gaza, la poursuite des violences et la destruction se poursuivent. Les conditions indispensables à la vie ne sont pas remplies et maintiennent la population palestinienne dans une situation humanitaire dramatique. Les cessez-le-feu et les annonces diplomatiques ne suffisent pas à garantir une protection effective des civils. Pourtant, des frappes, des tirs et d’autres incidents meurtriers sont signalés. Les habitants restent confrontés aux déplacements forcés, aux destructions de logements, à la fragilisation des infrastructures médicales. Les difficultés d’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins sont toujours là. Par ailleurs, la persistance de ces conditions pose une question fondamentale. Comment parler de stabilisation lorsque les populations civiles demeurent exposées à la mort et à la privation des besoins essentiels ? Pour les organisations de défense des droits humains, l’analyse de la situation doit prendre en compte les décès directement causé liés aux opérations militaires. Mais elle doit aussi intégrer les conséquences cumulatives du siège, des déplacements et de la destruction des infrastructures.
Le génocide à Gaza : une qualification soutenue par des conclusions internationales
La qualification de génocide est devenue centrale dans l’analyse de la guerre à Gaza. En septembre 2025, une commission d’enquête internationale indépendante des Nations unies a conclu qu’Israël avait commis un génocide dans la bande de Gaza. Elle estime en effet que plusieurs actes relevant de la Convention de 1948 avaient été perpétrés avec l’intention requise contre les Palestiniens en tant que groupe. Cette conclusion s’appuie notamment sur l’analyse des opérations militaires, des déplacements forcés, de la destruction des infrastructures essentielles et des restrictions affectant l’accès à l’aide humanitaire. En octobre 2026, la persistance de violences meurtrières et de conditions de vie catastrophiques donnent une dimension particulièrement urgente à ces accusations. Il importe néanmoins de distinguer la conclusion de cette commission, qui constitue une évaluation internationale majeure. Cependant, il faut la distinguer d’un jugement définitif de la Cour internationale de Justice sur la responsabilité d’Israël au titre de la Convention sur le génocide. De plus, la procédure judiciaire et les mesures conservatoires de la Cour constituent un cadre juridique distinct.
Les exécutions alléguées et la responsabilité au regard du droit international
Au-delà des bombardements, les informations faisant état de civils tués dans des circonstances susceptibles de constituer des exécutions sommaires exigent des enquêtes indépendantes. Le terme « exécution » ne doit pas être employé comme une qualification factuelle automatique pour chaque décès. En effet, il suppose d’établir les circonstances précises. Notamment si des personnes ont été délibérément tuées alors qu’elles étaient hors de combat ou autrement protégées par le droit international humanitaire. Toutefois, toute mise à mort intentionnelle et illégale de civils doit faire l’objet d’une enquête. Lorsque les faits sont établis, il faut aussi assurer la poursuite des responsables. Plus largement, les attaques indiscriminées, les actes de torture, les traitements inhumains et l’utilisation de la famine contre des civils peuvent relever de crimes internationaux, selon les circonstances. Ainsi, l’enjeu n’est donc pas seulement de documenter le nombre de victimes, mais aussi d’identifier les chaînes de commandement. Il faut également établir les faits et garantir que les responsabilités ne restent pas impunies.
L’échec de la diplomatie et la crédibilité de l’ordre international
La situation à Gaza met à l’épreuve la crédibilité du système international de protection des civils. Les condamnations diplomatiques, les procédures judiciaires et les appels à la désescalade restent insuffisants. Ils doivent s’accompagner de mesures capables de prévenir de nouvelles violations et de garantir l’accès humanitaire. Les États qui entretiennent des relations militaires, économiques ou diplomatiques avec Israël font face à une question de cohérence. Comment concilier leurs alliances stratégiques avec leurs obligations de prévenir le génocide et de respecter le droit international humanitaire ? Cette interrogation concerne également les institutions multilatérales, dont l’efficacité dépend de la volonté politique de leurs membres. En revanche, une issue durable exige la protection effective de la population palestinienne, l’accès sans entrave à l’aide, la reconstruction, la responsabilisation des auteurs de crimes. Et, naturellement, une solution politique garantissant les droits des Palestiniens comme la sécurité des populations israéliennes. Sans mécanismes de responsabilité crédibles, la diplomatie risque de rester un processus déclaratif. Les seules données du terrain s’imposeraient alors.