Afrique, au Soudan, une guerre de drones qui déborde les frontières

Le 21 octobre, des diplomates et des représentants d’organisations internationales se sont réunis au Palais des Nations de Genève pour tenter de rapprocher les multiples initiatives visant à mettre fin à un conflit qui ravage le Soudan depuis trois ans et demi.

通过 吉兹拉奈·巴德里
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La réunion devait notamment associer le « Quad » (États-Unis, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Égypte) et le « Quintet » (Union africaine, IGAD, ONU, UE, entre autres). Sur le terrain, l’escalade se poursuit entre les Forces de soutien rapide (FSR) et l’armée. Khartoum accuse en outre plus de vingt pays de soutenir les FSR. Les médiations pèsent donc peu face à l’engrenage militaire.

El Obeid, nouveau point de bascule redouté

Selon la mission d’enquête indépendante de l’ONU, qui a publié son rapport le 28 octobre, El Obeid, capitale du Kordofan du Nord et ville d’environ 600 000 habitants, reste partiellement encerclée par les FSR. Son président, Mohamed Chande Othman, juge la situation grave et le risque d’atrocités élevé. Les frappes de drones des FSR continuent de tuer et de blesser des civils, d’endommager habitations, écoles, sites de déplacés et réseaux d’eau et d’électricité. Ils pourraient constituer des crimes de guerre. Mais les civils sont aussi pris entre les drones et les arrestations. Des milliers de personnes ont été détenues et torturées par les cellules de sécurité de l’armée. La prison centrale abriterait environ 2 000 détenus pour 450 places. Le 1er octobre, une frappe contre un dortoir de l’université du Kordofan aurait tué cinq civils. En juillet déjà, les enquêteurs avaient jugé que les atrocités commises à El Fasher présentaient les caractéristiques d’un génocide et redouté un scénario similaire à El Obeid.

Abyei et le Kordofan : l’armée aussi frappe depuis les airs

La guerre des drones n’est pas le fait d’un seul camp. Les 19 et 20 octobre, l’armée soudanaise a mené des frappes coordonnées sur Abyei et le Kordofan occidental, faisant plus de 300 morts selon le Sudan War Observatory. Le Soudan du Sud a protesté, ce qui accroît le risque de régionalisation du conflit. Une frappe sur un marché d’Abyei aurait fait au moins 153 morts, et Djouba, qui accuse l’armée soudanaise d’avoir visé des positions supposées des FSR. Ces bilans proviennent de sources secondaires et restent à confirmer. Une frappe de drone a par ailleurs privé d’électricité de larges zones de Khartoum le 28 octobre.

Une région fragilisée, un soutien onusien qui s’épuise

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