{"id":4618,"date":"2026-09-16T09:35:34","date_gmt":"2026-09-16T07:35:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.geopolitics.fr\/?p=4618"},"modified":"2026-09-16T09:35:38","modified_gmt":"2026-09-16T07:35:38","slug":"larme-lente-dormuz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.geopolitics.fr\/en\/2026\/09\/16\/larme-lente-dormuz\/","title":{"rendered":"L&rsquo;arme lente d&rsquo;Ormuz"},"content":{"rendered":"\n<h2 id=\"h-une-guerre-d-usure-des-deux-cotes\" class=\"wp-block-heading\">Une guerre d&rsquo;usure des deux c\u00f4t\u00e9s<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Les analystes s&rsquo;accordent aujourd&rsquo;hui sur un point : la guerre entre l&rsquo;Iran et les \u00c9tats-Unis ne se jouera pas sur le terrain militaire. Elle se jouera sur la capacit\u00e9 de chaque \u00e9conomie \u00e0 supporter la pression que l&rsquo;autre lui impose. Le <em>Wall Street Journal<\/em> l&rsquo;a r\u00e9sum\u00e9 au mois d&rsquo;ao\u00fbt : la question est de savoir qui c\u00e9dera le premier. Trump multiplie les sanctions et le blocus ; T\u00e9h\u00e9ran parie que le prix du p\u00e9trole obligera Washington \u00e0 reculer.<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Reste \u00e0 savoir o\u00f9 en est cette \u00e9preuve. Jusqu&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;Iran a-t-il vraiment bloqu\u00e9 le d\u00e9troit, puis les exportations de la r\u00e9gion ? Quelle est la taille de ce choc face aux crises pass\u00e9es, et comment le march\u00e9 l&rsquo;a-t-il encaiss\u00e9 ? Qu&rsquo;a fait la Chine, que reste-t-il dans les r\u00e9serves, et o\u00f9 le choc se voit-il vraiment : sur le brut, sur les carburants, ou sur les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Une pr\u00e9caution avant de commencer. Les transpondeurs AIS des navires sont \u00e9teints depuis le mois de mars, et personne ne peut donc mesurer les flux directement. Tous les chiffres qui suivent sont des estimations ou des reconstitutions par satellite, et leurs marges d&rsquo;erreur s&rsquo;additionnent.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 id=\"h-un-choc-total-puis-un-peage\" class=\"wp-block-heading\">Un choc total, puis un p\u00e9age<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">D\u00e8s la premi\u00e8re semaine de la guerre, l&rsquo;Iran obtient un r\u00e9sultat sans \u00e9quivalent dans l&rsquo;histoire des passages maritimes. Une \u00e9tude publi\u00e9e par <em>The Innovation<\/em> le mesure en croisant deux sources : l&rsquo;imagerie radar Sentinel-1, qui voit \u00e0 travers les nuages et ne d\u00e9pend d&rsquo;aucune d\u00e9claration des navires, et les donn\u00e9es AIS. Le nombre de bateaux d\u00e9tect\u00e9s par le radar passe de 15,25 sur la semaine du 22 au 28 f\u00e9vrier \u00e0 0,55 sur celle du 1\u1d49\u02b3 au 7 mars, soit une baisse de <strong>97 %<\/strong>. Les transits d\u00e9clar\u00e9s tombent de 175 navires le 22 f\u00e9vrier \u00e0 9 le 7 mars ; pour les seuls p\u00e9troliers et chimiquiers, on passe de 126 le 2 mars \u00e0 2 le lendemain.<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a> Un d\u00e9tail explique le m\u00e9canisme : au m\u00eame moment, le comptage augmente fortement dans les ports et les zones de mouillage, jusqu&rsquo;\u00e0 7 fois la normale. Les navires n&rsquo;ont pas disparu. Ils ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tourn\u00e9s, retenus et immobilis\u00e9s \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du golfe Persique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Depuis, les pays de la r\u00e9gion, aid\u00e9s par Washington, essaient de r\u00e9tablir des passages. Le r\u00e9sultat n&rsquo;est ni la fermeture ni la r\u00e9ouverture, mais une situation interm\u00e9diaire tr\u00e8s instable : ces derni\u00e8res semaines, le flux estim\u00e9 varie entre 5 et 9 millions de barils par jour, avec une moyenne autour de 7.<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a> Certains jours, il tombe \u00e0 z\u00e9ro : le compteur de Bloomberg n&rsquo;a relev\u00e9 aucun passage de p\u00e9trolier le 17 ao\u00fbt.<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">C&rsquo;est cette instabilit\u00e9 qui compte, plus que le niveau lui-m\u00eame. Un d\u00e9troit ferm\u00e9 donnerait une ligne plate \u00e0 z\u00e9ro ; un d\u00e9troit rouvert, une ligne plate \u00e0 17 millions de barils. Des journ\u00e9es \u00e0 9 millions suivies de journ\u00e9es \u00e0 rien d\u00e9crivent autre chose : un contr\u00f4le exerc\u00e9 au cas par cas. Amos Hochstein, ancien conseiller de la Maison-Blanche, explique comment l&rsquo;Iran s&rsquo;y prend, tout en d\u00e9mentant l&rsquo;affirmation de Trump selon laquelle les \u00c9tats-Unis contr\u00f4leraient totalement le d\u00e9troit. T\u00e9h\u00e9ran menace un ou deux navires \u00e0 la fois, exige un pr\u00e9avis de 48 heures et impose les couloirs de navigation \u00e0 emprunter.<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\">[5]<\/a> Le calcul est tr\u00e8s rentable : menacer 2 navires co\u00fbte beaucoup moins cher que d&rsquo;en couler 50, et l&rsquo;effet sur les primes d&rsquo;assurance, les prix du transport et la prime de risque est presque le m\u00eame. L&rsquo;Iran n&rsquo;a pas voulu, et sans doute pas pu, ramener \u00e0 z\u00e9ro les exportations de la r\u00e9gion. Il a mis en place autre chose : un p\u00e9age politique, un droit de passage qu&rsquo;il peut retirer \u00e0 tout moment. C&rsquo;est cette possibilit\u00e9 de retrait qui fait l&rsquo;arme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Les journ\u00e9es du 1\u1d49\u02b3 et du 2 septembre le montrent mieux que n&rsquo;importe quelle moyenne. Apr\u00e8s une tentative iranienne de poser des mines et des attaques contre des navires de commerce, les \u00c9tats-Unis ont frapp\u00e9 des cibles des Gardiens de la r\u00e9volution dans le sud de l&rsquo;Iran : Bandar Abbas, Sirik et l&rsquo;\u00eele de Qeshm.<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\">[6]<\/a> Le lendemain, le secr\u00e9taire am\u00e9ricain \u00e0 l&rsquo;\u00c9nergie annon\u00e7ait 17 millions de barils pass\u00e9s dans la journ\u00e9e, le plus fort volume depuis le d\u00e9but de la guerre, contre environ 20 millions avant le conflit. Le chiffre vient de l&rsquo;administration am\u00e9ricaine et demande de la prudence : en ao\u00fbt, la m\u00eame source avan\u00e7ait 9 millions de barils par jour en moyenne quand les analystes estimaient le flux entre 4 et 6 millions.<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\">[7]<\/a> Une journ\u00e9e \u00e0 17 millions qui suit des journ\u00e9es \u00e0 z\u00e9ro ne contredit pas le p\u00e9age : elle en est la d\u00e9monstration.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">\u00c0 l&rsquo;\u00e9chelle de la r\u00e9gion, l&rsquo;effet est beaucoup plus large, car il ajoute au blocage maritime les arr\u00eats de production et la d\u00e9sorganisation du transport. En juillet, l&rsquo;offre mondiale remonte de 2,4 millions de barils par jour, \u00e0 101,5. Mais elle reste 6,3 millions en dessous du niveau de l&rsquo;an dernier, et 8,3 millions de barils de production du golfe Persique sont toujours \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat.<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\">[8]<\/a> En avril et en mai, les exportations de la r\u00e9gion avaient baiss\u00e9 d&rsquo;environ 13 millions de barils par jour ; en juin, cette baisse revient \u00e0 10. Le blocage perd donc de son efficacit\u00e9 au fil des mois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">La raison tient en un mot : le contournement. L&rsquo;Arabie saoudite a augment\u00e9 le d\u00e9bit de son ol\u00e9oduc Est-Ouest vers Yanbu, sur la mer Rouge, dont les exportations passent de 2 \u00e0 plus de 5 millions de barils par jour entre le d\u00e9but de la guerre et le mois de juin. Les \u00c9mirats ont satur\u00e9 l&rsquo;ol\u00e9oduc de 380 kilom\u00e8tres qui relie Habshan \u00e0 Fujairah, sur le golfe d&rsquo;Oman : il \u00e9vite le d\u00e9troit et transporte 1,8 million de barils. Ils utilisent aussi le stockage souterrain de Mandous, 42 millions de barils, et multiplient depuis avril les exp\u00e9ditions le long des c\u00f4tes omanaises, transpondeurs \u00e9teints. En f\u00e9vrier, presque tout le volume passait par Ormuz ; en juin, la part qui le contourne est devenue majoritaire, dans un total pourtant tr\u00e8s r\u00e9duit.<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\">[9]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Ce changement va bien au-del\u00e0 de la crise du moment. Un ol\u00e9oduc, un terminal, une cuve souterraine de 42 millions de barils sont des \u00e9quipements permanents : ils ne dispara\u00eetront pas au retour de la paix. Si les pays du golfe Persique d\u00e9pensent ces milliards, note Hochstein, c&rsquo;est qu&rsquo;ils ne croient plus \u00e0 la protection am\u00e9ricaine. Il en d\u00e9coule un probl\u00e8me de calendrier pour T\u00e9h\u00e9ran : son levier est maximal le premier jour et diminue ensuite, parce que chaque semaine de blocage finance les installations qui rendront le prochain blocage moins efficace. Une arme qui perd de sa valeur \u00e0 mesure qu&rsquo;on l&rsquo;utilise oblige celui qui la d\u00e9tient \u00e0 agir vite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Ce raisonnement a toutefois une limite, apparue en septembre, et elle vient du sud. Les Houthis ont pris le port de Mocha, au Y\u00e9men, puis l&rsquo;\u00eele de Perim par un assaut amphibie : ils tiennent d\u00e9sormais un point d&rsquo;appui sur le d\u00e9troit de Bab el-Mandeb. Il faut rester mesur\u00e9 sur la port\u00e9e de ce gain. Le blocus qu&rsquo;ils ont annonc\u00e9 le 20 juillet est s\u00e9lectif, il vise l&rsquo;Arabie saoudite, le trafic continue de passer \u00e0 un rythme r\u00e9duit, et ils avaient d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 qu&rsquo;ils pouvaient interrompre la navigation en mer Rouge sans tenir ni Mocha ni Perim.<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\">[10]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">L&rsquo;effet sur la route de contournement est en revanche direct. Au 10 septembre, Yanbu exportait plus de 4 millions de barils par jour, mais plus de 70 % partait vers le canal de Suez et l&rsquo;ol\u00e9oduc SuMed, c&rsquo;est-\u00e0-dire vers le nord et l&rsquo;Europe : la sortie sud, celle qui permet d&rsquo;atteindre l&rsquo;Asie sans passer par Ormuz, s&rsquo;est largement referm\u00e9e. Puis l&rsquo;ol\u00e9oduc Est-Ouest a \u00e9t\u00e9 suspendu par pr\u00e9caution, avant d&rsquo;\u00eatre ferm\u00e9 apr\u00e8s des attaques de drones. Riyad a d\u00fb r\u00e9orienter ses chargements vers Ormuz et annuler une partie de ses livraisons de septembre \u00e0 ses clients europ\u00e9ens.<a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\">[11]<\/a> Le contournement a donc son propre point de passage oblig\u00e9. Tant que la mer Rouge reste praticable, chaque mois de blocage r\u00e9duit la valeur de l&rsquo;arme iranienne ; si Bab el-Mandeb se ferme \u00e0 son tour, le mouvement s&rsquo;inverse et les flux reviennent vers Ormuz.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 id=\"h-le-plus-grand-choc-de-l-histoire-et-pourquoi-le-prix-n-a-pas-suivi\" class=\"wp-block-heading\">Le plus grand choc de l&rsquo;histoire, et pourquoi le prix n&rsquo;a pas suivi<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Sur un point, le rapport d&rsquo;avril 2026 de la Banque mondiale est net : le choc d&rsquo;Ormuz est la plus grosse perte d&rsquo;offre p\u00e9troli\u00e8re de toute l&rsquo;histoire, et il a provoqu\u00e9 la plus forte hausse mensuelle du prix du baril jamais enregistr\u00e9e \u2014 environ 46 dollars sur le seul mois de mars, contre 17 dollars pour le record pr\u00e9c\u00e9dent, en mai 2008. Avec une perte initiale d&rsquo;environ 10 millions de barils par jour, il fait presque le double de la r\u00e9volution iranienne de 1978-1979.<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\">[12]<\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"585\" height=\"225\" src=\"https:\/\/www.geopolitics.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/image-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4620\" style=\"aspect-ratio:2.6;width:390px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.geopolitics.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/image-1.jpg 585w, https:\/\/www.geopolitics.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/image-1-300x115.png 300w, https:\/\/www.geopolitics.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/image-1-18x7.png 18w\" sizes=\"(max-width: 585px) 100vw, 585px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h5 id=\"h-pertes-d-offre-au-debut-des-grandes-crises-en-millions-de-barils-par-jour\" class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\"><em>Pertes d&rsquo;offre au d\u00e9but des grandes crises, en millions de barils par jour<\/em><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sources : Agence internationale de l&rsquo;\u00e9nergie, Banque mondiale. P\u00e9riodes de r\u00e9f\u00e9rence AIE (2014) ; valeurs relev\u00e9es sur les graphiques publi\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Mais la force d&rsquo;un choc p\u00e9trolier ne se mesure pas au volume perdu : elle se mesure \u00e0 ce que le prix en fait. Et l\u00e0, le classement s&rsquo;inverse. Si l&rsquo;on regarde l&rsquo;ampleur de la hausse des prix, le choc actuel arrive derri\u00e8re l&#8217;embargo de l&rsquo;OPEP, la r\u00e9volution iranienne et la guerre du golfe Persique \u2014 quatri\u00e8me, alors qu&rsquo;il est premier en volume.<a href=\"#_ftn13\" id=\"_ftnref13\">[13]<\/a> Cet \u00e9cart n&rsquo;est pas un hasard statistique : il mesure directement l&rsquo;\u00e9paisseur des amortisseurs. Des facteurs qui n&rsquo;existaient pas, ou tr\u00e8s peu, lors des crises pr\u00e9c\u00e9dentes ont servi de tampons. Et c&rsquo;est justement parce que ces tampons existaient que Washington a jug\u00e9 le risque acceptable avant d&rsquo;attaquer l&rsquo;Iran.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">La grille publi\u00e9e par la Banque mondiale \u00e0 l&rsquo;automne 2023, juste apr\u00e8s l&rsquo;op\u00e9ration du 7 octobre, donne la mesure de l&rsquo;\u00e9cart : sc\u00e9nario minimal, une perte de 1 \u00e0 2 millions de barils par jour pour un baril \u00e0 90-100 dollars ; sc\u00e9nario moyen, 3 \u00e0 5 millions pour 110-120 dollars ; sc\u00e9nario maximal, 6 \u00e0 8 millions pour 140-160 dollars.<a href=\"#_ftn14\" id=\"_ftnref14\">[14]<\/a> La perte r\u00e9elle d\u00e9passe la limite haute du sc\u00e9nario maximal, mais le prix n&rsquo;a pas suivi : il est rest\u00e9 des mois autour de 90 dollars pour le WTI et n&rsquo;a franchi les 100 dollars qu&rsquo;\u00e0 la mi-septembre, six mois apr\u00e8s le choc. La Banque mondiale a d&rsquo;ailleurs revu sa pr\u00e9vision en avril 2026, et sa fourchette la plus pessimiste plafonne \u00e0 environ 115 dollars en moyenne annuelle.<a href=\"#_ftn15\" id=\"_ftnref15\">[15]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Comment le march\u00e9 a-t-il absorb\u00e9 un tel volume ? Juste avant la guerre, l&rsquo;offre d\u00e9passait la demande d&rsquo;environ 2 millions de barils par jour, une marge qui ne couvrait gu\u00e8re plus d&rsquo;une semaine du choc \u00e0 venir. Entre mars et mai, trois m\u00e9canismes ont combl\u00e9 le reste. Le Fonds mon\u00e9taire international en a fait le calcul.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"585\" height=\"291\" src=\"https:\/\/www.geopolitics.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/image.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4619\" style=\"aspect-ratio:2.0103092783505154;width:390px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.geopolitics.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/image.jpg 585w, https:\/\/www.geopolitics.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/image-300x149.png 300w, https:\/\/www.geopolitics.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/image-18x9.png 18w\" sizes=\"(max-width: 585px) 100vw, 585px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h5 id=\"h-comment-le-deficit-de-mars-mai-a-ete-comble-en-millions-de-barils-par-jour-par-rapport-a-janvier-fevrier\" class=\"wp-block-heading\"><strong>Comment le d\u00e9ficit de mars-mai a \u00e9t\u00e9 combl\u00e9, en millions de barils par jour, par rapport \u00e0 janvier-f\u00e9vrier<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Source : calculs du FMI d&rsquo;apr\u00e8s donn\u00e9es AIE. D\u00e9ficit de mars-mai avant d\u00e9stockage : \u22124,1 mb\/j, combl\u00e9 presque enti\u00e8rement en puisant dans les stocks mondiaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Le premier m\u00e9canisme, et de loin le plus puissant, est la baisse de la demande : 5,8 millions de barils par jour, soit plus que la production hors golfe Persique et le d\u00e9stockage r\u00e9unis. Elle a surtout jou\u00e9 en Asie, o\u00f9 la hausse des prix a r\u00e9duit la consommation et pouss\u00e9 les \u00e9conomies vers le charbon et les renouvelables. Les transports ont mieux r\u00e9sist\u00e9, en partie parce que des plafonds de prix \u00e0 la pompe, des subventions et des baisses d&rsquo;imp\u00f4ts ont prot\u00e9g\u00e9 les consommateurs \u2014 au prix d&rsquo;une facture directe pour les budgets publics, ce qui n&rsquo;est pas sans rapport avec la tension sur les taux examin\u00e9e plus loin. Le deuxi\u00e8me m\u00e9canisme est la production hors golfe Persique, qui d\u00e9passe de pr\u00e8s de 2 millions de barils les niveaux de 2025 : les \u00c9tats-Unis en t\u00eate, mais aussi le Venezuela, la Guyana et la Russie. Le troisi\u00e8me, ce sont les stocks : le d\u00e9ficit restant, environ 4 millions de barils par jour, a \u00e9t\u00e9 combl\u00e9 presque enti\u00e8rement en puisant dans les r\u00e9serves mondiales, y compris les stocks commerciaux chinois et les r\u00e9serves strat\u00e9giques.<a href=\"#_ftn16\" id=\"_ftnref16\">[16]<\/a> C&rsquo;est le seul des trois qui soit limit\u00e9. La demande peut rester basse longtemps, la production hors golfe Persique peut se maintenir, mais un baril sorti d&rsquo;une cuve n&rsquo;y revient pas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Le bilan mondial s&rsquo;est donc retourn\u00e9 : d&rsquo;un exc\u00e9dent pr\u00e9vu de 3,7 millions de barils par jour avant la guerre \u00e0 un d\u00e9ficit pr\u00e9vu d&rsquo;environ 1,8 million pour le troisi\u00e8me trimestre, soit un resserrement de 5,5 millions.<a href=\"#_ftn17\" id=\"_ftnref17\">[17]<\/a> Le chiffre demande de la prudence : sur un march\u00e9 de plus de 100 millions de barils par jour, il repr\u00e9sente moins de 2 %. Le d\u00e9s\u00e9quilibre est r\u00e9el sans entra\u00eener de flamb\u00e9e sans limite, et le choc se voit surtout dans la prime de risque, le co\u00fbt du transport maritime et la tension sur les carburants. Le tout \u00e0 une condition : que les stocks continuent de jouer leur r\u00f4le d&rsquo;amortisseur.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 id=\"h-comment-les-pays-du-golfe-persique-ont-ouvert-la-voie\" class=\"wp-block-heading\">Comment les pays du golfe Persique ont ouvert la voie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Une courbe explique ce qui a rendu cette s\u00e9quence possible : celle des stocks p\u00e9troliers mondiaux, mois par mois, de 2021 \u00e0 2026.<a href=\"#_ftn18\" id=\"_ftnref18\">[18]<\/a> Elle conduit \u00e0 une interpr\u00e9tation qu&rsquo;il faut pr\u00e9senter comme telle \u2014 c&rsquo;est une lecture, pas un fait \u00e9tabli.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">D\u00e8s 2021, les producteurs arabes du golfe Persique m\u00e8nent une politique de pression p\u00e9troli\u00e8re forte sur l&rsquo;administration Biden. Ils la maintiennent jusqu&rsquo;en mars 2022 et au d\u00e9but de la guerre en Ukraine. Ensuite, malgr\u00e9 les accords pass\u00e9s avec Washington, ils ne font aucun effort s\u00e9rieux pour reconstituer les stocks. La capacit\u00e9 de l&rsquo;Arabie saoudite \u00e0 peser sur les prix a d&rsquo;ailleurs \u00e9t\u00e9 l&rsquo;un des points de d\u00e9saccord entre Biden et Mohammed ben Salmane, que le d\u00e9placement de juillet 2022 \u00e0 Riyad n&rsquo;a r\u00e9gl\u00e9 qu&rsquo;en partie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Ce levier avait un prix politique clair. Riyad a fait savoir \u00e0 la Maison-Blanche qu&rsquo;elle accepterait d&rsquo;augmenter sa production si les cours montaient trop, pour gagner le soutien du Congr\u00e8s \u00e0 un accord : le royaume reconna\u00eetrait Isra\u00ebl et recevrait en \u00e9change un pacte de d\u00e9fense.<a href=\"#_ftn19\" id=\"_ftnref19\">[19]<\/a> Derri\u00e8re cette formule, deux objectifs : une protection nucl\u00e9aire am\u00e9ricaine garantie par un trait\u00e9, et l&rsquo;autorisation d&rsquo;enrichir de l&rsquo;uranium sur le sol saoudien. L&rsquo;op\u00e9ration du 7 octobre a rendu cet accord impossible, et le levier a perdu son objet.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Sous l&rsquo;administration Trump, le comportement change compl\u00e8tement. L&rsquo;Arabie saoudite et ses partenaires de l&rsquo;OPEP mettent d&rsquo;\u00e9normes volumes sur le march\u00e9 et ram\u00e8nent les stocks au niveau de la fin 2020, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la fin du premier mandat. En mai 2025, <em>Reuters<\/em> y voyait un cadeau discret \u00e0 Trump : la strat\u00e9gie de l&rsquo;OPEP+ faisait baisser les prix au moment pr\u00e9cis o\u00f9 les inqui\u00e9tudes sur les droits de douane s&rsquo;accumulaient.<a href=\"#_ftn20\" id=\"_ftnref20\">[20]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;interpr\u00e9tation annonc\u00e9e plus haut. Par leur politique p\u00e9troli\u00e8re, les pays arabes du golfe Persique ont cr\u00e9\u00e9 les conditions de deux guerres. La guerre d&rsquo;Ukraine d&rsquo;abord : en gardant les stocks mondiaux bas, ils ont amen\u00e9 Moscou \u00e0 croire qu&rsquo;un choc p\u00e9trolier et un hiver difficile feraient plier l&rsquo;Occident. La guerre contre l&rsquo;Iran ensuite : en inondant le march\u00e9 de p\u00e9trole bon march\u00e9, ils ont amen\u00e9 Trump \u00e0 penser que les cons\u00e9quences p\u00e9troli\u00e8res d&rsquo;une attaque resteraient g\u00e9rables. Les donn\u00e9es montrent l&rsquo;encha\u00eenement des faits et l&rsquo;orientation des politiques ; elles ne prouvent pas l&rsquo;intention.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Une cons\u00e9quence surprenante en d\u00e9coule. Les exportations de p\u00e9trole iranien ont augment\u00e9 \u2014 1,85 million de barils par jour au mois d&rsquo;ao\u00fbt, le plus haut niveau de l&rsquo;ann\u00e9e \u2014 parce que les sanctions sont appliqu\u00e9es avec moins de rigueur.<a href=\"#_ftn21\" id=\"_ftnref21\">[21]<\/a> Faut-il y voir une concession de Washington \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran ? Non : les \u00c9tats-Unis ont besoin de chaque baril iranien pour remplir leur r\u00e9serve, tenir le march\u00e9 et maintenir la pression sur Riyad. Ce rel\u00e2chement n&rsquo;est pas une faveur, c&rsquo;est un aveu de faiblesse. Washington ne d\u00e9pend pas physiquement du p\u00e9trole du Moyen-Orient, puisqu&rsquo;il en exporte plus qu&rsquo;il n&rsquo;en importe ; mais il a besoin de contr\u00f4ler les prix, et les difficult\u00e9s des compagnies de schiste rendent ce besoin plus fort. C&rsquo;est une d\u00e9pendance au prix, pas au volume, et c&rsquo;est le point faible de la strat\u00e9gie de pression maximale.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 id=\"h-pekin-arbitre-involontaire\" class=\"wp-block-heading\">P\u00e9kin, arbitre involontaire<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Si le reste du monde n&rsquo;a rien perdu, c&rsquo;est que quelqu&rsquo;un a tout absorb\u00e9. Le suivi des exportations mondiales est tr\u00e8s clair : vers les destinations autres que la Chine, la moyenne pendant la crise est la m\u00eame qu&rsquo;avant, environ 31,2 millions de barils par jour. Vers la Chine, elle tombe de 10,4 \u00e0 6,3, avec un creux \u00e0 3,7 au d\u00e9but du mois d&rsquo;ao\u00fbt.<a href=\"#_ftn22\" id=\"_ftnref22\">[22]<\/a> Le choc physique n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 partag\u00e9 : il a \u00e9t\u00e9 support\u00e9 par un seul client.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">La Chine n&rsquo;a pas d\u00e9couvert la crise en mars : elle s&rsquo;y pr\u00e9parait depuis plus d&rsquo;un an. Ses importations ont atteint un record de 11,55 millions de barils par jour en 2025, avec un mois de d\u00e9cembre lui aussi record, et ses achats de brut russe ont d\u00e9pass\u00e9 2 millions de barils par jour en f\u00e9vrier.<a href=\"#_ftn23\" id=\"_ftnref23\">[23]<\/a> Quand le choc arrive, l&rsquo;ajustement est brutal : ses importations maritimes nettes, \u00e0 15,3 millions de barils par jour en janvier, tombent \u00e0 7,3 au plus bas, puis remontent en partie \u00e0 9,9.<a href=\"#_ftn24\" id=\"_ftnref24\">[24]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Cette courbe est autant politique qu&rsquo;\u00e9conomique. P\u00e9kin semble avoir dos\u00e9 son retrait pour que les exportations vers les autres pays ne bougent presque pas, et \u00e9viter que le manque de p\u00e9trole ne devienne une crise mondiale. La Chine a absorb\u00e9 le choc au lieu de le laisser se propager : un service rendu \u00e0 la stabilit\u00e9 du syst\u00e8me, et un levier important, puisqu&rsquo;elle peut faire l&rsquo;inverse quand elle le veut.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Une partie de la reconstitution de ses stocks entre mars et mai vient de la baisse de son raffinage, tomb\u00e9 d&rsquo;environ 15,2 \u00e0 12,5 millions de barils par jour. Ce recul semble choisi plut\u00f4t que subi. Le ph\u00e9nom\u00e8ne n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas propre \u00e0 la Chine : apr\u00e8s le choc, le raffinage baisse partout, seule l&rsquo;Europe restant dans sa fourchette habituelle.<a href=\"#_ftn25\" id=\"_ftnref25\">[25]<\/a> Le monde a cess\u00e9 de fabriquer des carburants au rythme o\u00f9 il les consomme, ce qui p\u00e8sera lourd plus loin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Reste la d\u00e9cision \u00e0 prendre. Les stocks chinois visibles sont \u00e0 1,164 milliard de barils, pour une capacit\u00e9 d&rsquo;environ 1,58 milliard que P\u00e9kin agrandit encore de 280 millions cette ann\u00e9e. Les stocks de brut \u00e0 terre montent de 1 165 \u00e0 1 240 millions en mai, puis redescendent vers 1 160 en ao\u00fbt.<a href=\"#_ftn26\" id=\"_ftnref26\">[26]<\/a> La Chine a donc accumul\u00e9 jusqu&rsquo;en mai, puis commenc\u00e9 \u00e0 puiser. Ira-t-elle plus loin, en cassant une tendance de plusieurs ann\u00e9es, ou r\u00e9tablira-t-elle ses importations au risque de faire monter les prix ? C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui le principal facteur non am\u00e9ricain dans l&rsquo;\u00e9volution des prix. Et le choix est contraint : sans perspective de paix, P\u00e9kin n&rsquo;a aucune raison de vider ses r\u00e9serves pour soulager un march\u00e9 que la suite de la guerre resserrera de nouveau.<a href=\"#_ftn27\" id=\"_ftnref27\">[27]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Certains voient dans la baisse des achats chinois une trahison envers T\u00e9h\u00e9ran. La chronologie dit le contraire : les achats massifs de 2025 \u00e9taient une pr\u00e9paration, pas un retrait. Les actes diplomatiques aussi : la Chine a mis son veto \u00e0 une r\u00e9solution sur le d\u00e9troit et bloque, avec la Russie, l&rsquo;adoption d&rsquo;une autre. Qu&rsquo;un pays de ce poids d\u00e9fende ses int\u00e9r\u00eats de long terme n&rsquo;a rien d&rsquo;une trahison. P\u00e9kin n&rsquo;appr\u00e9cie pas les prix actuels et pourrait changer d&rsquo;attitude si T\u00e9h\u00e9ran restait passif ; mais le grand perdant de la fermeture du d\u00e9troit, c&rsquo;est Washington, pas P\u00e9kin.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 id=\"h-les-reserves-un-amortisseur-qui-s-epuise\" class=\"wp-block-heading\">Les r\u00e9serves : un amortisseur qui s&rsquo;\u00e9puise<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Les stocks \u00e9tant le seul amortisseur limit\u00e9, leur \u00e9volution est le meilleur indicateur dont on dispose. Elle est mauvaise. Le compteur des stocks p\u00e9troliers mondiaux visibles est \u00e0 7 720 millions de barils. Depuis le 1\u1d49\u02b3 mars, on a pr\u00e9lev\u00e9 au total 496 millions de barils, soit 3 millions par jour en moyenne ; mais depuis l&rsquo;annonce du blocus am\u00e9ricain du 13 juillet, ce rythme est mont\u00e9 \u00e0 6,2 millions par jour, plus du double.<a href=\"#_ftn28\" id=\"_ftnref28\">[28]<\/a> Deux choses sont \u00e0 retenir. Le niveau reste proche de celui du d\u00e9but de la guerre en Ukraine et ne constitue pas encore une p\u00e9nurie ; la pente, elle, ne peut pas durer plus de quelques mois. La fen\u00eatre ouverte entre l&rsquo;accord d&rsquo;Islamabad et la reprise des combats, en juillet, s&rsquo;est referm\u00e9e. Le p\u00e9trole en mer, le stock le plus facile \u00e0 mobiliser, baisse de 1,32 \u00e0 1,16 milliard de barils entre juillet et ao\u00fbt.<a href=\"#_ftn29\" id=\"_ftnref29\">[29]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Le point le plus serr\u00e9 est am\u00e9ricain, et il se compte au baril pr\u00e8s. La r\u00e9serve strat\u00e9gique des \u00c9tats-Unis est tomb\u00e9e \u00e0 319,5 millions de barils, son plus bas niveau depuis 1983, pour un minimum de fonctionnement estim\u00e9 \u00e0 300 millions. Il reste donc 19 millions de barils de marge : 10 jours environ au rythme du d\u00e9ficit actuel, 3 jours au rythme observ\u00e9 depuis le 13 juillet.<a href=\"#_ftn30\" id=\"_ftnref30\">[30]<\/a> La remplir prendrait des ann\u00e9es et des dizaines de milliards de dollars, et la reconstitution lanc\u00e9e en 2023 s&rsquo;est invers\u00e9e avec la guerre. Le vrai plancher fait d\u00e9bat : le d\u00e9partement de l&rsquo;\u00c9nergie parle de 70 millions de barils, ce que Hochstein rejette \u2014 descendre l\u00e0, dit-il, reviendrait \u00e0 ne jamais pouvoir la reconstituer. Il ajoute l&rsquo;essentiel : les march\u00e9s traitent ces pr\u00e9l\u00e8vements comme de la production, alors qu&rsquo;ils ne sont ni renouvelables ni tenables.<a href=\"#_ftn31\" id=\"_ftnref31\">[31]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Le d\u00e9s\u00e9quilibre est l\u00e0. La Chine dispose d&rsquo;environ 1,4 milliard de barils de r\u00e9serve et d&rsquo;une capacit\u00e9 qu&rsquo;elle continue d&rsquo;agrandir ; les \u00c9tats-Unis, de 19 millions de barils de marge. Le rapport est d&rsquo;environ 70 contre 1. C&rsquo;est cette diff\u00e9rence, plus que tout autre facteur, qui explique pourquoi les march\u00e9s regardent aujourd&rsquo;hui P\u00e9kin et non Washington pour savoir o\u00f9 ira le prix du baril. Une courbe apparemment banale r\u00e9sume ce renversement : celle des exportations am\u00e9ricaines et des importations chinoises, longtemps parall\u00e8les, qui se croisent en 2026.<a href=\"#_ftn32\" id=\"_ftnref32\">[32]<\/a> Le plus gros producteur et le plus gros consommateur ont \u00e9chang\u00e9 leurs r\u00f4les.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 id=\"h-le-vrai-front-gazole-et-essence\" class=\"wp-block-heading\">Le vrai front : gazole et essence<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">C&rsquo;est ici que regarder seulement le prix du baril induit le plus en erreur. Trois forces se rejoignent sur le march\u00e9 des carburants. La chute du raffinage, d\u00e9j\u00e0 d\u00e9crite. Les difficult\u00e9s russes ensuite : \u00e0 partir de juin, les exportations nettes russes de brut et de produits baissent d&rsquo;environ 2 millions de barils par jour, le gazole en prenant la plus grosse part \u2014 le deuxi\u00e8me exportateur mondial de gazole se retire au pire moment.<a href=\"#_ftn33\" id=\"_ftnref33\">[33]<\/a> La demande enfin, qui repart : la demande mondiale mesurable est remont\u00e9e \u00e0 50,2 millions de barils par jour, \u00e0 peine 1,1 % sous son niveau d&rsquo;il y a un an, et l&rsquo;Agence internationale de l&rsquo;\u00e9nergie enregistre une hausse de 3,1 millions de barils entre mai et juin, tir\u00e9e surtout par le gazole et l&rsquo;essence.<a href=\"#_ftn34\" id=\"_ftnref34\">[34]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Moins de carburants produits, plus de carburants demand\u00e9s : le r\u00e9sultat est automatique. Les marges de raffinage atteignent des niveaux extr\u00eames. Le gazole bat son record historique et l&rsquo;essence s&rsquo;en approche, pendant que le brut a longtemps eu du mal \u00e0 rester au-dessus de 90 dollars. Puiser dans les r\u00e9serves et vendre \u00e0 d\u00e9couvert permet de contenir le brut, mais ne construit pas de nouvelles raffineries : c&rsquo;est sur les carburants que les d\u00e9g\u00e2ts apparaissent.<a href=\"#_ftn35\" id=\"_ftnref35\">[35]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">La diff\u00e9rence est de nature. Le prix du brut est politique : un gouvernement peut le contenir en ouvrant ses cuves. Le prix du gazole est physique : il d\u00e9pend d&rsquo;une capacit\u00e9 de raffinage qu&rsquo;aucune d\u00e9cision administrative ne cr\u00e9e en quelques mois. Et c&rsquo;est le gazole, pas le brut, qui fixe le co\u00fbt du transport routier, de l&rsquo;agriculture et de la logistique \u2014 donc l&rsquo;inflation de fond.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Le choc d\u00e9passe d&rsquo;ailleurs largement le p\u00e9trole. Le d\u00e9troit fait passer environ 35 % du brut mondial, mais aussi 28 % du gaz de p\u00e9trole liqu\u00e9fi\u00e9, 20 % du gaz naturel liqu\u00e9fi\u00e9, 19 % des carburants \u2014 et pr\u00e8s de la moiti\u00e9 du soufre.<a href=\"#_ftn36\" id=\"_ftnref36\">[36]<\/a> Ce dernier chiffre est le plus lourd de cons\u00e9quences : le soufre sert \u00e0 fabriquer l&rsquo;acide sulfurique, qui sert lui-m\u00eame \u00e0 fabriquer les engrais phosphat\u00e9s. Le choc atteint donc l&rsquo;alimentation par un chemin tr\u00e8s court. Depuis le 28 f\u00e9vrier, le k\u00e9ros\u00e8ne de Singapour a augment\u00e9 d&rsquo;environ 150 %.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 id=\"h-d-ormuz-aux-taux-d-interet\" class=\"wp-block-heading\">D&rsquo;Ormuz aux taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">L&rsquo;id\u00e9e que le p\u00e9trole commande les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e0 long terme am\u00e9ricains a re\u00e7u ici une d\u00e9monstration presque exp\u00e9rimentale. Jusqu&rsquo;en f\u00e9vrier, le trafic variait entre 40 et 80 navires par jour et le taux \u00e0 10 ans am\u00e9ricain se situait entre 3,9 et 4,2 %. \u00c0 partir de mars, le trafic s&rsquo;effondre et le taux passe au-dessus de 4,4 %. La courte remont\u00e9e du trafic en juin co\u00efncide avec une pause dans la hausse.<a href=\"#_ftn37\" id=\"_ftnref37\">[37]<\/a> Puis le mouvement reprend : 4,71 % \u00e0 la mi-ao\u00fbt, 4,80 % au 2 septembre, et 5,01 % le 15 septembre \u2014 au-dessus du seuil des 5 % pour la premi\u00e8re fois depuis juillet 2007.<a href=\"#_ftn38\" id=\"_ftnref38\">[38]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Le mouvement n&rsquo;est plus seulement am\u00e9ricain, il est mondial. Les taux d&rsquo;\u00c9tat \u00e0 10 ans montent ensemble aux \u00c9tats-Unis, en Allemagne, au Japon, au Royaume-Uni, en Italie, en France, en Suisse, au Canada et en Australie, et plusieurs march\u00e9s d\u00e9passent leurs plus hauts niveaux depuis 10 ans.<a href=\"#_ftn39\" id=\"_ftnref39\">[39]<\/a> Le cas japonais m\u00e9rite une mention : le taux \u00e0 10 ans y atteint 3,04 %, son plus haut depuis septembre 1996, et les \u00e9ch\u00e9ances \u00e0 2 et 5 ans sont \u00e0 leur plus haut depuis 31 ans.<a href=\"#_ftn40\" id=\"_ftnref40\">[40]<\/a> Toute secousse sur ce march\u00e9 aurait des effets mondiaux, parce que les capitaux japonais plac\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger rentreraient au pays.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Aux \u00c9tats-Unis, trois indicateurs sont \u00e0 des niveaux historiques. Le taux nominal \u00e0 30 ans est \u00e0 5,34 %, contre 4,68 % un an plus t\u00f4t. Le taux r\u00e9el \u00e0 30 ans d\u00e9passe 3,07 %, son plus haut depuis 2002 : c&rsquo;est le co\u00fbt r\u00e9el de l&rsquo;argent \u00e0 long terme, et sa hausse fait baisser la valeur de tous les placements de longue dur\u00e9e. Et le TLT, le fonds indiciel adoss\u00e9 aux obligations d&rsquo;\u00c9tat am\u00e9ricaines \u00e0 long terme, tombe \u00e0 82,04 le 14 ao\u00fbt, son plus bas depuis 2004.<a href=\"#_ftn41\" id=\"_ftnref41\">[41]<\/a> Cette chute est une alarme silencieuse : les portefeuilles obligataires des banques am\u00e9ricaines accumulent des pertes latentes comparables \u00e0 celles qui avaient provoqu\u00e9 les faillites de 2023. L&rsquo;indice MOVE indique cependant qu&rsquo;on reste encore assez loin d&rsquo;une rupture. Reste \u00e0 savoir ce qui pourrait en rapprocher.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">La r\u00e9ponse passe par l&rsquo;inflation et par la doctrine de la R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale. En juillet, les prix \u00e0 la consommation augmentent de 0,1 % sur le mois et l&rsquo;indice sous-jacent de 0,2 % ; sur un an, l&rsquo;ensemble revient \u00e0 3,4 % et le sous-jacent \u00e0 2,5 %, sa plus faible hausse depuis f\u00e9vrier, le logement expliquant les deux tiers de la hausse.<a href=\"#_ftn42\" id=\"_ftnref42\">[42]<\/a> L&rsquo;inflation baisse donc, mais lentement, et les taux continuent d&rsquo;exprimer une inqui\u00e9tude. Cela tient au poids du p\u00e9trole dans cette \u00e9conomie : selon des mod\u00e8les reconnus, le choc p\u00e9trolier et la politique mon\u00e9taire expliquent \u00e0 eux seuls 75 % des variations de l&rsquo;indice des prix des d\u00e9penses de consommation.<a href=\"#_ftn43\" id=\"_ftnref43\">[43]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">On r\u00e9p\u00e8te souvent que la R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale ne r\u00e9agit pas aux chocs d&rsquo;offre passagers et se contente de les laisser passer. Mais Powell a lui-m\u00eame montr\u00e9 les limites de cette r\u00e8gle. Sur le moment, dit-il, il est tr\u00e8s difficile de distinguer un choc d&rsquo;offre d&rsquo;un choc de demande, et tout aussi difficile de savoir combien de temps il durera. Un choc d&rsquo;offre qui p\u00e8se durablement sur la capacit\u00e9 de production peut obliger \u00e0 mener une politique restrictive, qui devient alors une fa\u00e7on de g\u00e9rer le risque. Et la politique mon\u00e9taire doit combattre fermement tout risque de d\u00e9crochage des anticipations d&rsquo;inflation.<a href=\"#_ftn44\" id=\"_ftnref44\">[44]<\/a> Le choc p\u00e9trolier ne menace donc pas les march\u00e9s par le niveau du prix, qui reste contenu, mais par sa dur\u00e9e. Un choc court, on le laisse passer. Un choc qui s&rsquo;installe d\u00e9place les anticipations, oblige la Fed \u00e0 durcir sa politique et transforme une tension supportable sur les taux en accident. La variable d\u00e9cisive n&rsquo;est pas le prix, c&rsquo;est le calendrier de la guerre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">La nuit du 1\u1d49\u02b3 au 2 septembre en a donn\u00e9 une illustration imm\u00e9diate. \u00c0 la faveur d&rsquo;un accrochage limit\u00e9 entre l&rsquo;Iran et les \u00c9tats-Unis, le Brent a d\u00e9pass\u00e9 99 dollars avant de revenir autour de 96 le lendemain, tandis que le taux \u00e0 10 ans am\u00e9ricain atteignait son plus haut niveau depuis novembre 2023.<a href=\"#_ftn45\" id=\"_ftnref45\">[45]<\/a> Il faut mesurer ce que cela signifie : en octobre 2023, ce taux avait atteint son sommet des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, le plus haut depuis la crise financi\u00e8re de 2008. Aujourd&rsquo;hui, dans tous les grands m\u00e9dias et les cercles d&rsquo;analyse s\u00e9rieux, le p\u00e9trole et le choc d&rsquo;Ormuz sont cit\u00e9s parmi les principaux moteurs de la hausse des rendements obligataires dans le monde. Et c&rsquo;est cette m\u00eame m\u00e9canique qui retient Trump d&rsquo;engager des frappes massives contre les infrastructures iraniennes, et qui bloque la machine de guerre am\u00e9ricaine sur l&rsquo;\u00e9chelle de l&rsquo;escalade.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Deux semaines plus tard, la question pos\u00e9e plus haut ne se pose d\u00e9j\u00e0 plus. Le 15 septembre, le taux \u00e0 10 ans a franchi 5 %, un seuil qu&rsquo;il n&rsquo;avait plus atteint depuis juillet 2007, tandis que le Brent montait \u00e0 108 dollars, en hausse de 19 % sur le mois. Le m\u00eame jour, les march\u00e9s donnaient environ 92 % de probabilit\u00e9 \u00e0 une hausse des taux de la R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale \u2014 la premi\u00e8re depuis juillet 2023.<a href=\"#_ftn46\" id=\"_ftnref46\">[46]<\/a> Ce que Powell d\u00e9crivait en 2023 comme un cas de figure th\u00e9orique est devenu la situation r\u00e9elle : un choc d&rsquo;offre qui dure assez longtemps pour d\u00e9placer les anticipations, et une banque centrale qui cesse de le laisser passer.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 id=\"h-quatre-scenarios-possibles\" class=\"wp-block-heading\">Quatre sc\u00e9narios possibles<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Vu l&rsquo;\u00e9tat des \u00e9conomies am\u00e9ricaine, europ\u00e9enne et est-asiatique, et surtout de l&rsquo;\u00e9conomie iranienne, quatre situations sont possibles. Elles se distinguent moins par la g\u00e9opolitique que par une seule variable : ce qui arrive aux stocks.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Le <strong>maintien de la situation actuelle<\/strong> est le cas le plus probable \u00e0 court terme : flux irr\u00e9gulier, pr\u00e9l\u00e8vements continus sur les stocks, contournements qui se renforcent, brut entre 90 et 110 dollars et tension concentr\u00e9e sur les carburants. La limite est mat\u00e9rielle : la r\u00e9serve strat\u00e9gique am\u00e9ricaine atteint son plancher, et P\u00e9kin doit alors choisir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Le <strong>retour \u00e0 la guerre ouverte<\/strong> supposerait que Trump monte encore d&rsquo;un cran. Il faudrait alors s&rsquo;attendre \u00e0 des hausses de prix tr\u00e8s fortes, d&rsquo;autant que les amortisseurs ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 largement utilis\u00e9s : la partie haute de la grille de la Banque mondiale, 140 \u00e0 160 dollars, redeviendrait d&rsquo;actualit\u00e9, avec un risque de r\u00e9cession mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">La <strong>n\u00e9gociation<\/strong> passerait par l&rsquo;\u00e9largissement du cadre d&rsquo;Islamabad \u00e0 un accord plus large. Les stocks se reconstitueraient, les flux se normaliseraient lentement, les installations de contournement resteraient en place. L&rsquo;Agence internationale de l&rsquo;\u00e9nergie pr\u00e9voit pour 2027 une offre en hausse de 6,3 millions de barils par jour, \u00e0 110,3, pour une demande en hausse de 2,4 millions : le march\u00e9 redeviendrait exc\u00e9dentaire et le brut retomberait entre 70 et 85 dollars.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">L&rsquo;<strong>accident financier<\/strong>, enfin, verrait le choc passer par les taux longs plut\u00f4t que par le baril : un p\u00e9trole durablement cher d\u00e9place les anticipations d&rsquo;inflation, oblige la R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale \u00e0 r\u00e9agir et transforme la tension actuelle sur les taux en crise. Il peut se produire avec un prix du brut mod\u00e9r\u00e9, ce qui le rend difficile \u00e0 pr\u00e9voir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Sauf dans le cas de la n\u00e9gociation, ces situations ne d\u00e9pendent plus vraiment des d\u00e9cisions de T\u00e9h\u00e9ran ou de Washington, mais du rythme auquel les stocks se vident et du choix chinois. La n\u00e9gociation est la seule o\u00f9 les deux camps reprennent la main sur le calendrier. C&rsquo;est pourquoi ils y viendront sans doute, et pourquoi aucun des deux ne peut y venir seul.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 id=\"h-deux-paris-mal-calcules\" class=\"wp-block-heading\">Deux paris mal calcul\u00e9s<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">C&rsquo;est en fonction de tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de que la strat\u00e9gie am\u00e9ricaine s&rsquo;est d\u00e9plac\u00e9e : de l&rsquo;offensive militaire maximale vers la pression \u00e9conomique maximale, dans l&rsquo;espoir que la soci\u00e9t\u00e9 iranienne s&rsquo;effondre de l&rsquo;int\u00e9rieur. Les objectifs de guerre affich\u00e9s ont suivi : faire baisser le prix du p\u00e9trole en est devenu un, avec des sanctions financi\u00e8res sans pr\u00e9c\u00e9dent cens\u00e9es forcer T\u00e9h\u00e9ran \u00e0 rouvrir le d\u00e9troit. La strat\u00e9gie a des critiques bien inform\u00e9s, y compris parmi ceux qui l&rsquo;ont con\u00e7ue. Richard Nephew, qui a b\u00e2ti le r\u00e9gime de sanctions sous Obama, propose d&rsquo;arr\u00eater la guerre tout en maintenant la pression, en misant sur l&rsquo;usure interne plut\u00f4t que sur la force ;<a href=\"#_ftn47\" id=\"_ftnref47\">[47]<\/a> d&rsquo;anciens responsables pr\u00e9viennent qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de point de rupture et que T\u00e9h\u00e9ran peut supporter beaucoup plus que Washington ne le pense.<a href=\"#_ftn48\" id=\"_ftnref48\">[48]<\/a> Hochstein d\u00e9crit un pr\u00e9sident enferm\u00e9 dans une cage sans porte \u2014 diagnostic qui colle \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat des r\u00e9serves : Washington n&rsquo;a plus les moyens de tenir une escalade longue sans en payer le prix chez lui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Le probl\u00e8me iranien est d&rsquo;une autre nature : politique plus que mat\u00e9riel. Les diff\u00e9rents courants ne s&rsquo;entendent ni sur la conduite de la guerre ni sur la fa\u00e7on de b\u00e2tir une dissuasion capable d&#8217;emp\u00eacher une nouvelle attaque. Le courant favorable \u00e0 la normalisation envoie des signaux qui entretiennent \u00e0 Washington l&rsquo;espoir d&rsquo;un effondrement interne, et renforce ainsi le pari sur lequel repose la pression am\u00e9ricaine. Aucun courant ne propose non plus de projet clair pour l&rsquo;ordre r\u00e9gional futur ni pour la reconstruction du pays : un pays qui bloque une route commerciale mondiale sans proposer autre chose finit par n&rsquo;\u00eatre vu que comme un risque. Enfin et surtout, l&rsquo;\u00e9tat d\u00e9grad\u00e9 de l&rsquo;\u00e9conomie iranienne et le risque de nouveaux troubles sont exactement ce qui a pouss\u00e9 Trump \u00e0 tenter sa chance avec une strat\u00e9gie de pression et d&rsquo;attente.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Les deux camps ont accept\u00e9 que ce soit une \u00e9preuve d&rsquo;endurance, et tous deux se trompent sur certains aspects : Washington surestime la fragilit\u00e9 sociale de l&rsquo;Iran, T\u00e9h\u00e9ran surestime la dur\u00e9e de son levier, dont on a vu qu&rsquo;il perd de sa valeur chaque mois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">La sortie est \u00e9troite. Elle suppose que l&rsquo;Iran monte la tension jusqu&rsquo;\u00e0 un niveau qui ne d\u00e9clenche pas la guerre, conserve le cadre d&rsquo;Islamabad et pr\u00e9pare en m\u00eame temps une n\u00e9gociation plus large menant \u00e0 un accord global \u2014 dont la mise au point d\u00e9pend enti\u00e8rement des relations entre T\u00e9h\u00e9ran et P\u00e9kin. La Chine n&rsquo;aime pas jouer les m\u00e9diateurs, mais il s&rsquo;agit ici d&rsquo;\u00e9viter une r\u00e9cession mondiale dont son \u00e9conomie d\u00e9pend par ses exportations. C&rsquo;est le seul sc\u00e9nario o\u00f9 les deux camps reprennent la main sur un calendrier qui leur \u00e9chappe. Il suppose que T\u00e9h\u00e9ran transforme un levier qui s&rsquo;affaiblit en gain politique tant qu&rsquo;il en a encore, et que Washington admette qu&rsquo;une marge de 19 millions de barils ne permet pas de financer une guerre d&rsquo;usure.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [1]\u00ab The Iran War Is Now About Who Blinks First Under Economic Pressure \u00bb, <em>The Wall Street Journal<\/em>, 14 ao\u00fbt 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [2]Xinxia Cao et al., \u00ab Satellite radar and AIS reveal a 97 % decline in shipping traffic through the Strait of Hormuz \u00bb, <em>The Innovation<\/em> (Cell Press), 1\u1d49\u02b3 juin 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [3]Reconstitution quotidienne du flux estim\u00e9 \u00e0 travers Ormuz, moyenne sur 7 jours, juin-ao\u00fbt 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [4]Bloomberg, <em>Hormuz Chokepoint Tracker<\/em>, relev\u00e9 du 17 ao\u00fbt 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [5]Amos Hochstein, entretien \u00e0 CNBC, ao\u00fbt 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [6]\u00ab U.S. strikes IRGC targets in Iran after attempted attacks on vessels in Strait of Hormuz \u00bb, <em>The Washington Times<\/em>, 1\u1d49\u02b3 septembre 2026 ; \u00ab US Launches Fresh Strikes On Iran After Attempted Attacks \u00bb, RFE\/RL, 1\u1d49\u02b3 septembre 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\">[7]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [7]\u00ab Most oil passes through Strait of Hormuz since war began: Chris Wright \u00bb, <em>Washington Examiner<\/em>, 2 septembre 2026. En incluant les ol\u00e9oducs de contournement, le d\u00e9partement de l&rsquo;\u00c9nergie \u00e9value les sorties totales de la r\u00e9gion \u00e0 21-22 millions de barils par jour.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\">[8]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [8]Agence internationale de l&rsquo;\u00e9nergie, <em>Oil Market Report<\/em>, ao\u00fbt 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\">[9]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [9]AIE, exportations des six producteurs du golfe Persique par route, f\u00e9vrier-juin 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\">[10]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [10]\u00ab Houthis Make Moves On Red Sea \u00bb, <em>USNI News<\/em>, 11 septembre 2026 ; avis \u00e0 la navigation MARAD 2026-006, mer Rouge, d\u00e9troit de Bab el-Mandeb, golfe d&rsquo;Aden.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\">[11]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [11]<em>USNI News<\/em>, 11 septembre 2026, pour les volumes de Yanbu et leur destination ; Trading Economics, <em>Brent Crude Oil<\/em>, relev\u00e9 du 15 septembre 2026, pour la fermeture de l&rsquo;ol\u00e9oduc Est-Ouest apr\u00e8s attaques de drones et les annulations de livraisons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\">[12]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [12]Banque mondiale, <em>Commodity Markets Outlook<\/em>, avril 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref13\" id=\"_ftn13\">[13]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [13]Chocs de prix calcul\u00e9s selon la m\u00e9thode Hamilton (1996, 2003) sur une p\u00e9riode glissante de 12 mois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref14\" id=\"_ftn14\">[14]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [14]Banque mondiale, <em>Commodity Markets Outlook. Under the Shadow of Geopolitical Risks<\/em>, octobre 2023.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref15\" id=\"_ftn15\">[15]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [15]Banque mondiale et Consensus Economics, pr\u00e9vision de prix et fourchette de risque en cas de perturbations \u00e9tendues, mars-avril 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref16\" id=\"_ftn16\">[16]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [16]Fonds mon\u00e9taire international, calculs des services d&rsquo;apr\u00e8s donn\u00e9es AIE.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref17\" id=\"_ftn17\">[17]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [17]AIE, <em>Oil Market Report<\/em>, ao\u00fbt 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref18\" id=\"_ftn18\">[18]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [18]S\u00e9rie mensuelle des stocks p\u00e9troliers mondiaux, 2021-2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref19\" id=\"_ftn19\">[19]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [19]\u00ab Saudi Arabia Willing to Raise Oil Output to Help Secure Israel Deal \u00bb, <em>The Wall Street Journal<\/em>, 6 octobre 2023.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref20\" id=\"_ftn20\">[20]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [20]Ron Bousso, \u00ab Saudi oil price war looks like unspoken gift to Trump \u00bb, <em>Reuters<\/em>, 15 mai 2025.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref21\" id=\"_ftn21\">[21]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [21]Bloomberg, exportations p\u00e9troli\u00e8res iraniennes, ao\u00fbt 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref22\" id=\"_ftn22\">[22]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [22]<em>Lloyd&rsquo;s List<\/em> d&rsquo;apr\u00e8s Vortexa, 12 ao\u00fbt 2026. P\u00e9riode de crise : 15 mars-9 ao\u00fbt 2026 ; r\u00e9f\u00e9rence : m\u00eames semaines en 2025.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref23\" id=\"_ftn23\">[23]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [23]\u00ab China&rsquo;s 2025 oil imports, December inflows both hit record highs \u00bb, <em>Reuters<\/em>, 14 janvier 2026 ; \u00ab China Secures Record Russian Oil Imports as India Reduces Purchases \u00bb, <em>OilPrice<\/em>, 16 f\u00e9vrier 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref24\" id=\"_ftn24\">[24]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [24]Vortexa et American Petroleum Institute, importations maritimes nettes chinoises de brut et de produits, moyenne sur 28 jours.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref25\" id=\"_ftn25\">[25]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [25]Kpler, taux de marche des raffineries, 2026 rapport\u00e9 \u00e0 la m\u00e9diane 2021-2025.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref26\" id=\"_ftn26\">[26]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [26]Kpler et Ninepoint ; capacit\u00e9s estim\u00e9es par Bank of America et Energy Aspects.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref27\" id=\"_ftn27\">[27]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [27]\u00ab The world&rsquo;s strategic oil reserves are running out fast \u00bb, <em>The Economist<\/em>, 11 juin 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref28\" id=\"_ftn28\">[28]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [28]Goldman Sachs Global Investment Research, stocks p\u00e9troliers mondiaux visibles, donn\u00e9es au 13 ao\u00fbt 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref29\" id=\"_ftn29\">[29]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [29]Vortexa, brut et condensat en mer, dernier point au 11 ao\u00fbt 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref30\" id=\"_ftn30\">[30]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [30]Department of Energy et Energy Information Administration, <em>US Strategic Petroleum Reserve<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref31\" id=\"_ftn31\">[31]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [31]Hochstein, entretien cit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref32\" id=\"_ftn32\">[32]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [32]Comparaison des exportations am\u00e9ricaines et des importations chinoises, 2021-2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref33\" id=\"_ftn33\">[33]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [33]Goldman Sachs Global Investment Research, exportations nettes russes de brut et de produits, variation depuis le 1\u1d49\u02b3 janvier 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref34\" id=\"_ftn34\">[34]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [34]Goldman Sachs Global Investment Research d&rsquo;apr\u00e8s AIE, S&amp;P et Kpler ; AIE, variation de la demande mondiale depuis f\u00e9vrier 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref35\" id=\"_ftn35\">[35]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [35]Contrats \u00e0 terme sur le gazole, l&rsquo;essence et le brut rebas\u00e9s au d\u00e9but de la guerre, ao\u00fbt 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref36\" id=\"_ftn36\">[36]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [36]Banque mondiale et FMI, part du commerce maritime mondial passant par le d\u00e9troit d&rsquo;Ormuz, par produit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref37\" id=\"_ftn37\">[37]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [37]Bloomberg, <em>Hormuz Chokepoint Tracker<\/em> compar\u00e9 au taux du Tr\u00e9sor am\u00e9ricain \u00e0 10 ans, 17 ao\u00fbt 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref38\" id=\"_ftn38\">[38]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [38]Trading Economics, <em>US 10 Year Government Bond Yield<\/em>, relev\u00e9s du 2 et du 15 septembre 2026. Facteurs cit\u00e9s : anticipation d&rsquo;un resserrement de la R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale, \u00e9missions massives de dette des entreprises, d\u00e9ficit f\u00e9d\u00e9ral et tensions g\u00e9opolitiques li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref39\" id=\"_ftn39\">[39]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [39]Haver Analytics, 9 march\u00e9s d\u00e9velopp\u00e9s, ao\u00fbt 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref40\" id=\"_ftn40\">[40]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [40]Trading Economics, <em>Japan 10 Year Government Bond Yield<\/em>, relev\u00e9 du 15 septembre 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref41\" id=\"_ftn41\">[41]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [41]Barchart, iShares 20+ Year Treasury Bond ETF, 15 ao\u00fbt 2026 ; taux \u00e0 30 ans, YCharts, 14 septembre 2026 ; taux r\u00e9el \u00e0 30 ans, Bloomberg, 17 ao\u00fbt 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref42\" id=\"_ftn42\">[42]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [42]Indice des prix \u00e0 la consommation des \u00c9tats-Unis, juillet 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref43\" id=\"_ftn43\">[43]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [43]D\u00e9composition de l&rsquo;indice des prix des d\u00e9penses de consommation des m\u00e9nages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref44\" id=\"_ftn44\">[44]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [44]Jerome Powell, table ronde \u00ab Monetary Policy Challenges in a Global Economy \u00bb, 24\u1d49 conf\u00e9rence annuelle Jacques Polak, Fonds mon\u00e9taire international, 10 d\u00e9cembre 2023.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref45\" id=\"_ftn45\">[45]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [45]Trading Economics, <em>Brent Crude Oil<\/em>, relev\u00e9 du 2 septembre 2026 : 95,81 dollars le baril apr\u00e8s deux s\u00e9ances de hausse, au plus haut depuis 6 semaines.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref46\" id=\"_ftn46\">[46]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [46]\u00ab 10-year Treasury yield hits highest level since 2007 as traders bet a Fed rate hike is coming \u00bb, <em>CNBC<\/em>, 15 septembre 2026 ; Trading Economics, relev\u00e9s du 15 septembre 2026 pour le taux \u00e0 10 ans et le Brent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref47\" id=\"_ftn47\">[47]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [47]Richard Nephew, \u00ab Let Iran Defeat Itself. America Should End the War but Keep Up the Pressure \u00bb, <em>Foreign Affairs<\/em>, 28 avril 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref48\" id=\"_ftn48\">[48]<\/a><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [48]Megan Messerly et Sam Sutton, \u00ab \u201cThere is no breaking point\u201d: The problem with Trump&rsquo;s plan to economically strangle Iran \u00bb, <em>Politico<\/em>, 18 ao\u00fbt 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une guerre d&rsquo;usure des deux c\u00f4t\u00e9s Les analystes s&rsquo;accordent aujourd&rsquo;hui sur un point : la guerre entre l&rsquo;Iran et les \u00c9tats-Unis 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